RÉUNION TECHNIQUE AU BUREAU UNESCO D’ABIDJAN
Ce mercredi 26 avril 2023, la Chaire Unesco Anticipation, Prospective et Territoires Durables représentée
Une Chaire de référence, ouverte sur le monde, pour transformer le futur des territoires
La commune de Tiapoum a désormais sa feuille de route pour les cinq prochaines années. Le Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030 a été officiellement remis, jeudi 1er octobre 2026, à la municipalité par la Chaire UNESCO « Anticipation, Prospective et Territoires Durables » de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Un document appelé à orienter les choix de la commune et à servir de base à la mobilisation des partenaires.
À Tiapoum, l’heure est désormais à la mise en œuvre. Après plusieurs mois de diagnostic, d’enquêtes et de consultations, la commune dispose d’un document qui fixe ses priorités de développement jusqu’en 2030.
La remise officielle du PSD s’est tenue à la mairie en présence du maire N’Sérébé Ébily Pascal, du 4e adjoint au maire et maire résident, Coulibaly Hamidou, ainsi que de plusieurs acteurs associés à l’élaboration du document.
L’ambition tient en une phrase : « Tiapoum, un territoire de brassage doté d’une économie diversifiée, équipé, résilient et durable. »
Derrière cette formule, le PSD entend surtout apporter une réponse structurée aux défis auxquels la commune est confrontée et donner davantage de cohérence aux futurs investissements.
Un diagnostic pour définir les priorités
Le document part d’un constat : Tiapoum dispose de nombreux atouts, mais leur valorisation reste encore limitée.
Commune frontalière du Ghana, elle bénéficie d’une position stratégique pour les échanges commerciaux. Son économie repose notamment sur l’agriculture, la pêche et l’élevage. Le territoire possède également un patrimoine culturel porté par le Royaume Adouvlais-Sohié et le festival Abissa.
À cela s’ajoutent des ressources naturelles et lagunaires qui offrent des possibilités dans les secteurs du tourisme et de l’économie locale.
Mais le diagnostic fait également ressortir plusieurs difficultés. L’accès à l’eau potable et à l’électricité reste inégal selon les localités. Le secteur éducatif fait face à des problèmes d’infrastructures et d’accès, tandis que l’offre de formation professionnelle demeure limitée
Dans le secteur économique, la faible transformation des productions agricoles, l’accès au financement et l’état des pistes rurales constituent des obstacles à la création de valeur et à l’emploi local.
Quatre priorités pour 2030
Pour répondre à ces défis, le PSD s’articule autour de quatre grandes orientations : développer les secteurs productifs, renforcer le capital humain, améliorer les infrastructures et équipements et renforcer la résilience du territoire.
L’agriculture figure ainsi parmi les secteurs appelés à évoluer, avec une attention portée à la transformation locale et au développement des chaînes de valeur.
Le document accorde également une place importante à l’éducation, à la santé, à l’emploi des jeunes et à l’autonomisation des femmes. L’amélioration de l’accès à l’eau, à l’énergie, aux transports et aux services urbains fait aussi partie des priorités.
La protection de l’environnement constitue enfin un axe important. Les zones humides Aby-Tendo-Éhy et les espaces naturels environnants sont considérés comme un capital à préserver face à la pollution, à la pression foncière et aux effets du changement climatique.
La Chaire UNESCO, partenaire technique
La réalisation de ce travail a été accompagnée par la Chaire UNESCO « Anticipation, Prospective et Territoires Durables », rattachée à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.
Spécialisée dans l’appui aux politiques publiques, la Chaire accompagne les collectivités territoriales, les États et les organisations sous-régionales dans l’élaboration d’études stratégiques.
Présentée comme la première Chaire UNESCO consacrée à la prospective en Afrique noire francophone, elle a déjà accompagné plusieurs collectivités territoriales en Côte d’Ivoire dans l’élaboration de schémas régionaux d’aménagement et de Plans stratégiques de développement.
À Tiapoum, son intervention s’est appuyée sur une démarche participative. Administrations, autorités coutumières et religieuses, organisations de jeunesse et de femmes, opérateurs économiques et société civile ont été associés aux différentes étapes.
Des enquêtes de terrain, des entretiens et des focus groups ont permis de recueillir les besoins et les attentes des populations. Une enquête rue-par-rue a également permis de cartographier les principaux équipements de la commune.
Prenant la parole au nom du titulaire de la Chaire UNESCO, le Dr (MC) Coulibaly a présenté les principaux enseignements du diagnostic et les enjeux auxquels Tiapoum devra répondre dans les prochaines années.
Une feuille de route, mais surtout un défi
Pour le maire N’Sérébé Ébily Pascal, le PSD doit désormais devenir un outil de référence pour la gouvernance de la commune, l’orientation des investissements et la recherche de partenariats.
Sa mise en œuvre nécessitera l’implication de l’État, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, des cadres, de la diaspora et des populations.
La remise du document ne constitue donc pas l’aboutissement du processus. Elle marque plutôt le début d’une nouvelle phase : celle de la concrétisation des orientations arrêtées.
À Tiapoum, le défi sera désormais de transformer cette vision à l’horizon 2030 en projets, en infrastructures et en opportunités concrètes pour les populations.
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